Bien que le métier de journaliste ne soit pas juridiquement incompatible avec un mandat électif, cette double fonction soulève des risques importants de conflit d’intérêts et de suspicion de collusion médiatique, susceptibles d’alimenter un contentieux électoral.
Les mesures proposées par l’élue (courrier de son rédacteur en chef attestant son retrait des sujets électoraux et mise en congé en mars) sont jugées insuffisantes, notamment parce qu’elle conserve potentiellement un rôle hiérarchique sur des journalistes couvrant l’actualité politique.
Face à ces risques, il est recommandé, pour l’élue, une mise en retrait anticipée de l’adjointe, dès la période préélectorale, une formalisation écrite claire de la séparation des rôles, via un courrier de la direction du journal attestant son absence totale de responsabilité éditoriale sur les sujets électoraux (idéalement depuis le 1er septembre 2025 – période préélectorale prévu à l’article L.52-1 du Code électoral) et l’information de la rédaction interne du journal de ce retrait.
Du côté de la collectivité, celle-ci doit éviter toute sollicitation du journal pour des sujets municipaux ou de campagne, ne pas valoriser la fonction journalistique de l’élue dans les documents de campagne, garantir une communication institutionnelle strictement neutre, conserver des traces écrites des engagements pris et suspendre la participation de l’adjointe à la communication municipale.