Réutiliser les eaux usées pour préserver la ressource en eau du territoire de la CCVBA - Corpus juridique ATD13

Réutiliser les eaux usées pour préserver la ressource en eau du territoire de la CCVBA

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Publié le : 
5 décembre 2023
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Dans la plaine d’Entreconque, vaste ensemble de vergers d’oliviers, de vignes et d’amandiers surplombé par le château des Baux de Provence est menée une expérimentation sur la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) à l’initiative de la Communauté de Communes Vallée des Baux Alpilles (CCVBA).

La REUT portée à l’unanimité par les élus de l’intercommunalité de 30 000 habitants, a pour ambition de permettre de nouveaux usages urbains et agricoles respectueux de la ressource en eau.

« La CCVBA mène une politique forte sur l’adaptation de notre territoire à la transition écologique notamment sur notre compétence eau et assainissement. Nous travaillons autour de trois grands axes sur l’usage de l’eau. D’abord préserver la ressource en eau, soit faire en sorte de lutter contre la déperdition de l’eau (diminuer les fuites) ; puis sur la réutilisation des eaux usées afin que cette eau in fine traitée nous permette un usage urbain : défense contre l’incendie, nettoyage des rues, des bennes à ordures, arrosage des espaces verts communaux et intercommunaux… Ce qui, pour la REUT urbaine nous a conduit à être récemment labellisé France Expérimentation. Nous travaillons parallèlement sur la REUT agricole pour laquelle nous menons une expérimentation dans la plaine d’Entreconque » commente Hervé Chérubini, Président de la CCVBA et maire de Saint-Rémy-de-Provence.

En 2019, le gouvernement français annonçait son objectif de tripler d’ici à 2025 le volume de réutilisation des eaux usées. A ce jour, seul 1% des 8.4 millions de m3* rejetés dans les stations d’épurations sont réutilisées avec des expériences concluantes. Au regard des 15% à 20 % pour l’Espagne et l’Italie et des 80% en Israël, la perspective est grande et les retours d’expériences encourageants.

Au regard du changement climatique et de la sécheresse que connaît désormais notre territoire et aux restrictions préfectorales qui se sont imposées en matière d’utilisation d’eau pour le nettoyage des voiries et des véhicules, l’arrosage des espaces verts … et pour l’irrigation des terres qui ne bénéficient pas de système mutualisé d’irrigation, la CCVBA s’est attelée à produire une réponse positive avec ses deux projets de REUT.

« Depuis trois ans, la communauté de communes, s’est engagée avec un collectif d’acteurs dont la Chambre Départementale d’agriculture, co-pilote du projet, le Canal de Provence et le centre technique de l’Olivier dans ce projet de réutilisation des eaux usées traitées. Nous nous devons de prolonger la durée de vie de l’eau et de trouver des solutions pour les agriculteurs » ajoute Karine Briand, Directrice générale des services de la communauté de communes.

« Il n’y a pas d’alternative à ce que la nature nous impose aujourd’hui. Des solutions doivent être mises en place pour lutter contre les aléas climatiques » commente Bruno Dunand, agriculteur volontaire sur l’expérimentation de la plaine d’Entreconque.

Depuis 2022, de nouveaux décrets autorisent de nouveaux usages et depuis 2023 les démarches administratives sont allégées. Les autorisations d’utilisation des eaux usées qui seront données aux porteurs de projet leur permettront, à terme, les investissements nécessaires sur les aménagements complémentaires en sortie de stations d’épuration.

Pour l’heure, le projet agricole de la CCVBA, co-financé par le Département 13 et la Région Sud, est dans sa phase d’expérimentation de 3 ans sur la station d’épuration de Maussane-les Alpilles/Le Paradou. La plaine agricole d’Entreconque compte 250 hectares plantés d’oliviers, d’amandiers et de vignes sans compter les friches à reconquérir propices à faire barrière au feu. Cela représente 80 000 m3/an d’eau pour irriguer la totalité de ce petit territoire et avec la REUT, c’est autant de m3 d’eau préservés des nappes phréatiques.

Le projet de REUT urbaine de la CCVBA vient d’être reconnu par France Expérimentation, dispositif interministériel qui permet de lever des blocages juridiques entravant la réalisation de projets innovants, grâce à la mise en place de dérogations, à titre expérimental. France Expérimentation permet ainsi de rapprocher le rythme du droit de celui de l’innovation. Parmi les porteurs de projets labellisés, la CCVBA figure comme le seul organisme public.

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